Les routes
de
Terre Neuve

Pour aller pêcher si loin de chez eux, les marins basques disposaient de bon navires. Mais il fallait aussi savoir s'y rendre, le rôle des pilotes était par conséquent très important. Certains documents de navigation qu'ils utilisaient sont parvenus jusqu'à nous. On peut citer entre autres "Les voyages aventureux du capitaine Martin de Hoyarsabal, habitant de ÇUIBIBURU" qui fut publié à plusieurs reprises au cours du 16ème siècle. Cet ouvrage de navigation de référence fut traduit et complété pour être publié en basque par Pierre Detcheverry Dorre, en 1677. Celui-ci était également cartographe et il dessina, en 1689, une carte de Terre-Neuve pour le gouverneur de Plaisance.

Dans ce livre et sur cette carte ancienne, nous pouvons retrouver des lieux où les chaloupes ont été construites en 2004.
 

LA SCIE : situé sur la côte nord près du Cap St Jean (aujourd'hui cap St John), ce port de pêche était le plus à l'est du french shore après 1783. Il doit son nom à l'aspect dentelé du relief qui le surplombe.

Un chantier naval important construit toujours des bateaux de pêche.

Des aménagements publics ont été réalisés afin de mettre en valeur le passé historique des lieux : la forge, les graves ou le Belvédère des Basques, qui fait référence au livre de navigation écrit par Martin de Hoyarzabal au 16ème siècle.

Un petit musée, installé dans l'ancienne maison d'une famille de gardiens irlandais, présente l'histoire et la vie locale.

La French Shore Connection Society est responsable du projet à La Scie.
 

CONCHE : situé sur la côte est de la péninsule du nord, son nom est associé à celui de Caruge ( cap Rouge) dans le routier basque et sur la carte de Detcheverry. En face se situent les Îles de Groy et de Belisle ( aujourd'hui Groais et Bell island) dont les noms ne laissent aucun doute sur l'origine des pêcheurs qui les ont baptisées ainsi.

Cette petite communauté de pêcheurs n'est reliée au reste de l'île par une route que depuis la fin des années 1960. Sa population est en diminution depuis le déclin de la pêche, sa principale activité économique.

La French Shore Historical Society, qui est responsable du projet de la chaloupe vient d'ouvrir un centre d'interprétation et organise l'été des stages d'archéologie pour les jeunes. Une cabane de pêche et ses installations ont été réhabilitées pour s'intégrer dans un circuit de découverte de l'histoire locale. Une résidence d'artiste vient également d'être ouverte dans une maison nouvellement restaurée.
 

PORT AU CHOIX : situé sur la côte ouest, l'origine de son nom vient d'une déformation de Portutxoa, nom que lui donnaient les Basques qui fréquentaient plutôt la côte ouest de l'île, et la côte sud du Labrador. Ce site est surtout connu pour l'ancienneté de son occupation humaine, attestée par les vestiges archéologiques : au moins 5500 ans pour les plus anciens occupants, les Indiens de tradition archaïque maritime, auxquels ont succédé les autres anciennes cultures autochtones, les Paléo-Esquimaux des cultures de Groswater et de Dorset, et les Indiens récents.

 

Un même fil conducteur les relie aux Européens qui ont ensuite occupé ce site : l'abondance des ressources de la mer.  Celle-ci étant bel et bien terminée, les pêcheurs de Port au Choix sont eux aussi confrontés aux restrictions des quotas de pêche.

De nombreux habitants de Port au Choix comptent parmi leurs ancêtres des déserteurs français, et le Festival des “French Deserters” est organisé chaque été.

Le Port au Choix Heritage Commitee est responsable du projet de construction de la chaloupe.